Dimanche 7 mars 2010 7 07 /03 /Mars /2010 10:45
De Lawrence Lessing, The New Republic


Le 21 janvier, la Cour suprême des Etats-Unis a levé les limites au financement des campagnes par les entreprises. Dans un arrêt controversé, elle a statué que l’Etat n’avait pas le droit d’interdire aux entreprises de se servir de leur argent pour tenter d’influencer le résultat des élections. Cette décision invalide le Tillman Act de 1907. La Cour suprême demande toutefois que le nom des entreprises qui financent les spots de campagne soit clairement indiqué.

Plus personne ou presque ne conteste le bien-fondé de la célèbre remarque du juriste Louis Brandeis, membre de la Cour suprême de 1916 à 1939 : “La lumière du soleil est le meilleur des désinfectants”.

Comment peut-on être hostile à la transparence ? Ses vertus et son utilité semblent tellement évidentes ! Et pourtant nous ne nous demandons pas assez dans quelles circonstances la transparence est une bonne chose et dans quelles circonstances elle peut au contraire être source de confusion, voire pire. Et je crains que l’inévitable succès de ce mouvement – s’il ne s’accompagne pas d’une prise en compte de la complexité de l’enjeu – finira par provoquer non pas des réformes, mais du dégoût.

En ce qui concerne les dons consentis à un candidat pour sa campagne, la transparence s’exerce depuis longtemps. Les candidats sont tenus depuis 1910 de faire état des contributions reçues. Depuis plus de trente ans, nous connaissons les noms des gros donateurs, du moins en théorie, car des problèmes pratiques découragent l’accès effectif aux données. A mesure que le Congrès se pliera aux exigences de transparence et que les programmeurs concevront des moyens plus efficaces de compiler les données fournies par le Congrès, les élus seront de plus en plus soupçonnés d’être mus par des intérêts financiers. On pourra de façon plausible attribuer chaque acte d’un parlementaire à l’influence de l’argent.

Brandeis a forgé sa célèbre formule en 1914 dans un livre intitulé Other People’s Money, une longue argumentation dirigée contre les banquiers de son époque. Alors que l’exigence de réforme du système financier est à son comble, Brandeis plaide en faveur de la “publicité” – l’idée que “les banquiers, lorsqu’ils émettent des titres […], portent à la connaissance du public les commissions ou profits qu’ils perçoivent”. Cette publicité visait pour Brandeis deux objectifs très différents. Tout d’abord, faire honte aux banquiers et les inciter à offrir des conditions plus raisonnables. En second lieu, Brandeis pensait que la publicité induirait un fonctionnement plus efficient du marché. La loi, préconisait-il, “ne doit pas entreprendre […] de fixer les profits des banquiers et elle ne doit pas chercher à empêcher les épargnants de faire de mauvaises affaires”. Mais elle doit exiger “une information complète”, afin d’aider l’acquéreur à mieux apprécier “la valeur réelle d’un titre”. La transparence devait être encouragée comme moyen de réguler ce marché potentiellement à risque.

Brandeis décrivait là ce que les universitaires Archon Fung, Mary Graham et David Weil appellent la “transparence ciblée” dans leur livre Full Disclosure: The Perils and Promise of Transparency. Selon leur définition, la transparence ciblée “est une catégorie spécifique des politiques publiques qui prescrit de communiquer à un large public […] des informations standardisées et comparables sur tel ou tel produit ou pratique”. Cela fonctionne quand le système fournit aux consommateurs une information qu’ils sont en mesure d’exploiter et sous une forme qui la rend exploitable. Prenons l’obligation faite aux constructeurs automobiles de communiquer la consommation moyenne de carburant de tous leurs nouveaux modèles. Tout le monde est capable de comparer 6 litres aux 100 kilomètres à 12 litres aux 100 kilomètres. Dans ce cas, le principe de “transparence ciblée” simplifie les données et les présente de façon lisible. L’information donne aux consommateurs la possibilité d’influer sur le fonctionnement du marché.

Le problème, c’est que toutes les données ne remplissent pas les conditions requises pour être exploitables. “Plus d’information”, soulignent Fung et ses collègues, “ne produit pas toujours des marchés plus efficaces.” En fait, “la manière dont les gens réagissent à l’information est indissociable de leurs intérêts, de leurs désirs, de leurs ressources, de leurs capacités cognitives et de leur environnement social. En raison de ces facteurs et d’autres, les gens peuvent ne pas tenir compte de l’information, mal la comprendre ou en faire un mauvais usage.” Pour que le principe de transparence soit opérant, il faut que les données permettent d’effectuer des comparaisons et que ces comparaisons révèlent quelque chose de réel. Pour quantité de raisons, les données sur les liens entre argent et politique ne permettent pas toujours de comparaisons utiles. Cela ne signifie pas que les données n’auront pas d’effet. Elles en auront un, mais pas forcement celui souhaité par le citoyen epris de transparence.

Si les données ne prouvent rien, qu’y a-t-il de mal à les produire ? Même si elles ne prouvent rien, elles insinuent. Et, si elles insinuent quelque chose de faux, c’est à l’élu offensé de prouver le contraire. L’opinion jugera avec tous les éléments en main. A l’heure actuelle, l’idée que tout dans le système politique américain est affaire d’argent est si répandue et si profondément ancrée que, de toutes les explications que l’on peut trouver à un acte déroutant, l’argent est la première et souvent la seule que l’on donne. L’argent est la raison par défaut, qui s’impose à toutes les autres.

Existe-t-il une solution qui permette d’avoir les bons côtés de la transparence sans en avoir les mauvais ? En ce qui concerne le Congrès, les solutions sont évidentes et anciennes. La solution évidente consiste à éliminer les insinuations. Avec un financement public des campagnes électorales, il deviendrait impossible d’insinuer que tel ou tel élu du Congrès a voté comme il l’a fait pour des raisons financières. C’est peut-être parce qu’il est stupide. Ou parce qu’il est de gauche – ou de droite. Ou parce qu’il n’a pas bien mesuré les enjeux. Chacune de ces raisons contribue au renforcement de la démocratie. Elles fournissent au citoyen une raison d’aller voter, ne serait-ce que pour éjecter les incapables. Et, si l’on élimine ce qui est perçu comme un critère ne devant pas entrer en ligne de compte – l’argent –, le désir d’implication du citoyen ne sera plus découragé par le cynisme qui étouffe le système actuel.

Le dernier avatar de cette idée est la proposition de réforme du financement des campagnes législatives baptisée Fair Elections Now Act. Porté au Sénat par Dick Durbin et Arlen Specter, et à la Chambre par John Larson et Walter Jones, ce texte prévoit que l’Etat dote les candidats d’un certain montant pour financer leur campagne. En sus de cela, les candidats pourraient lever autant de fonds qu’ils le souhaitent, les dons étant limités à 100 dollars par personne et par scrutin. Cette proposition de loi n’a qu’un seul défaut, son libellé. L’objectif recherché n’est pas – ou ne devrait pas être – l’équité, mais la crédibilité. Car le problème, c’est que nous avons un Congrès en lequel personne n’a confiance, un Congrès qui, de l’avis de la grande majorité des Américains, se vend au plus offrant.

On peut comprendre ces propositions de financement public comme une réponse à la transparence pathologique qu’induit la technologie et qui régit de plus en plus nos vies et nos institutions. Sans cette réponse, c’est-à-dire en ayant pour seul idéal la transparence nue, notre démocratie est condamnée. Internet nous montrera tous les cas où un donateur a pu influencer le vote d’un élu. Des conclusions hâtives seront tirées, des carrières seront brisées, les citoyens se désintéresseront de plus en plus de la politique. Si le mouvement de la transparence pouvait être couplé à ce mouvement pour la réforme – si chaque pas en direction de plus de transparence s’accompagnait d’une réforme visant à rendre la transparence à la fois bonne et inoffensive – alors il pourrait en résulter quelque chose de salutaire et de constructif.
Par leo - Publié dans : La grande histoire des cochons
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Mardi 23 février 2010 2 23 /02 /Fév /2010 06:00
De Louise Story, Landon Thomas Jr, Nelson D. Schwartz - The New York Times - Extraits


Certaines tactiques de Wall Street qui ont alimenté la crise des subprimes aux Etats-Unis ont également renforcé la tempête financière qui secoue aujourd’hui la Grèce et mine l’euro. C’est en effet la banque d’affaires américaine Goldman Sachs qui a aidé Athènes (au cours des dix dernières années) à contourner les garde-fous mis en place par l’Europe en dissimulant des milliards d’euros de dettes aux contrôleurs budgétaires de Bruxelles.

En 2001, juste après l’adhésion de la Grèce à l’Union économique et monétaire européenne, Goldman Sachs, selon des personnes bien informées avait aidé l’Etat grec à emprunter discrètement plusieurs milliards. Ce schéma, dont le public n’avait pas eu vent parce qu’il était conçu comme une transaction sur devises et non comme un prêt, avait permis à Athènes de respecter les règles européennes en matière de déficit tout en continuant à le creuser.

Comme dans la crise des subprimes et l’implosion de l’American International Group [en 2008, le Trésor américain a injecté 180 milliards de dollars dans ce géant de l’assurance pour lui éviter la faillite], les produits dérivés sont au cœur du problème. Les instruments développés par Goldman Sachs, JPMorgan Chase et toute une série d’autres banques ont permis aux responsables politiques de Grèce, d’Italie et peut-être d’autres pays encore de masquer des emprunts.

Il existe peu de règles qui régissent la façon dont un pays peut emprunter l’argent dont il a besoin pour financer par exemple son armée et son système de santé. Le marché de la dette souveraine – le terme de Wall Street pour les prêts accordés aux Etats – est aussi dépourvu d’entraves qu’il est vaste. Les banques se sont empressées d’exploiter ce qui était pour elles une symbiose fort lucrative avec certains Etats dépensiers. La Grèce a ainsi versé à Goldman Sachs quelque 300 millions de dollars de commission pour le montage réalisé en 2001, selon plusieurs sources bancaires.

Celui-ci reposait sur un type de produit dérivé appelé swap. Le swap de taux d’intérêt, par exemple, peut permettre à une entreprise ou à un Etat de faire face aux fluctuations du coût de ses emprunts en échangeant des remboursements avec intérêts fixes contre des remboursements à taux variable ou vice versa. Un autre, le swap de devises, peut minimiser l’impact de la volatilité des taux de change.

En Grèce, les montages de ce type portent le nom de figures de la mythologie et la sorcellerie financière est allée encore plus loin. Les autorités ont tout simplement hypothéqué les aéroports et les autoroutes du pays pour emprunter des fonds dont elles avaient désespérément besoin – l’équivalent d’un vide-grenier à l’échelle nationale. Le contrat Eole a ainsi permis à l’Etat de réduire le montant de sa dette en 2001. La Grèce a reçu des fonds immédiatement et s’est engagée à reverser à la banque les recettes futures des taxes d’aéroport. L’année précédente, c’étaient les revenus tirés de la loterie nationale qui avaient été engloutis par un schéma similaire, baptisé Ariane. Le gouvernement avait alors classé ces opérations dans la catégorie des ventes, et non dans celle des emprunts.

En 2002, de nombreux instruments qui, comme Eole et Ariane, n’apparaissaient pas dans les budgets nationaux, furent soumis à une obligation d’information, ce qui poussa les Etats à les requalifier en prêts. “Dans plusieurs exemples, la titrisation [transformation de créances en titres négociables] semble avoir été délibérément conçue pour obtenir un certain résultat comptable sans tenir compte de l’in­­t­­érêt économique de l’opération”, relevait en 2008 Eurostat, l’office statistique de l’Union européenne. Si ces astuces comptables sont sans doute intéressantes à court terme, elles peuvent s’avérer désastreuses à long terme. George Alogoskoufis, qui était ministre des Finances [dans le gouvernement conservateur Caramanlis] avait dénoncé devant le Parlement, en 2005, le montage réalisé en 2001 par Goldman Sachs, estimant qu’il contraignait l’Etat à rembourser de grosses sommes à la banque américaine jusqu’en 2019.

M. Alogoskoufis, qui a quitté ses fonctions début 2009, nous a déclaré par courriel que Goldman avait accepté par la suite de reconfigurer l’opération “pour restaurer ses bonnes relations commerciales avec la République”. D’après lui, la nouvelle version était plus favorable à la Grèce. En 2005, Goldman a vendu le swap de taux d’intérêt à la National Bank of Greece (NBG), la plus grande banque commerciale du pays, selon deux personnes bien informées. Ensuite, en 2008, Goldman Sachs l’a aidée à intégrer le swap dans une entité juridique nommée Titlos. Selon le fournisseur d’informations financières Dealogic, la NBG a conservé les titres ensuite émis par Titlos, afin de s’en servir comme gage pour des emprunts contractés auprès de la Banque centrale européenne.

Selon Edward Manchester, de l’agence de notation financière Moody’s, ce swap, qui impose à la Grèce des remboursements à long terme, “ne sera jamais rentable pour l’Etat”.
Par leo - Publié dans : La grande histoire des cochons
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Samedi 20 février 2010 6 20 /02 /Fév /2010 20:39

 

 

Le roman dystopique Le Meilleur des mondes (1932), d’Aldous Huxley, pose au lecteur contemporain des problèmes inattendus. La civilisation qu’entrevoit Huxley est-elle si effrayante que cela, après tout ? N’est-elle pas, par certains aspects, agréable et séduisante ? Huxley met en scène Mustapha Menier, qui parle au nom de la civilisation : “La civilisation n’a pas le moindre besoin de noblesse ou d’héroïsme. Ce sont des symptômes d’une politique inefficace. Dans une société convenablement organisée comme la nôtre, personne n’a l’occasion d’être noble ou héroïque. Il faudrait que les circonstances soient particulièrement instables pour que l’occasion se présente. Là où il y a des guerres, là où les sentiments de loyauté sont divisés, là où il faut résister à des tentations, là où il faut se battre pour conquérir ou défendre des objets d’amour, c’est là que la noblesse et l’héroïsme ont nécessairement un sens. Mais de nos jours il n’y a plus de guerre. On prend le plus grand soin à éviter que vous vous attachiez trop à qui que ce soit. Les sentiments de loyauté ne sont plus divisés ; vous êtes conditionnés de telle sorte que vous faites forcément ce que vous avez à faire. Et ce que vous avez à faire est dans l’ensemble si agréable, on vous laisse donner libre cours à tant de vos impulsions naturelles, qu’il n’y a pas vraiment de tentations auxquelles vous devez résister.”

Le voile pudique de l’engagement doit recouvrir une œuvre d’art, médiocre ou pas, pour qu’elle ait une chance d’être jugée pertinente ; une sculpture sur bois contre l’excision, une installation vidéo parrainée par Kraft, dans laquelle l’artiste montre à quel point il est scandaleux que les banquiers continuent d’empocher des millions, un volumineux roman montrant les effets dévastateurs de l’absence d’un bon système de santé aux Etats-Unis – je n’ai rien contre l’empathie, mais dans le monde de l’art, on a du mal à dire où s’arrête l’engagement et où commence le marketing. Avons-nous vraiment besoin de l’art pour nous rappeler que ce qui est affreux est affreux ? Si la civilisation de Huxley dans Le Meilleur des mondes ressemble tant à la nôtre, c’est que leur enjeu est le même : il s’agit de domestiquer l’être humain au nom du bonheur de tous. Dans les deux mondes, c’est ce que signifie la vertu, et tout le reste en découle.

Jésus, disent les chrétiens, a pris sur lui les souffrances de l’humanité. Du point de vue de la technique narrative, et personne ne m’en voudra d’examiner l’histoire du Christ à travers le prisme de la technique narrative, il me paraît probable que Dieu ait créé la souffrance sur terre pour trouver un emploi à son fils. Sans la souffrance de l’humanité, Jésus serait resté sans emploi, il aurait été un moins que rien, un nul, comme l’ensemble de ses confrères prophètes. Nous souffrons parce que Dieu a voulu lutter contre le chômage dans sa famille.

Je nous soupçonne d’être accros à la souffrance d’une drôle de manière et d’exalter cette souffrance par toutes sortes de moyens détournés – par la religion, par l’art, par le nationalisme, par l’héroïsme – parce que, sans cette souffrance, nous ne pourrions plus croire à la possibilité d’être libre. Nous sommes domestiqués, mais nous sommes accros à l’idée que nous pouvons nous échapper comme ça, du jour au lendemain. Et parfois nous nous échappons un peu, nous mettons le gros orteil dans l’océan, nous lisons un livre, nous allons à Rome à vélo alors que nous avons les moyens de prendre le train ou l’avion, nous nous promenons au pôle Nord, ou nous prenons place dans les plus longues, les plus nouvelles, les plus bruyantes et les plus effrayantes montagnes russes du monde.

La liberté est une Fata Morgana précieuse, peut-être même indispensable. Certaines personnes élèvent des cochons d’Inde, d’autres des gerbilles, d’autres encore des lapins, mais tous les êtres humains civilisés s’élèvent eux-mêmes, c’est ce qu’on le leur a appris. Un être humain ne tombe pas amoureux parce qu’il voit la personne A ou B, il tombe amoureux parce qu’il a envie d’être amoureux et que cette envie lui fait rechercher un objet sur lequel porter son amour. Qu’il se raconte une autre histoire est compréhensible et très vraisemblablement utile aussi, mais il s’agit d’une forme de fiction qui doit être considérée pour ce qu’elle est. Le plus grand désir de Mme Bovary est le désir lui-même. Je soupçonne l’envie de guerre de provenir non pas tant de la nature foncièrement mauvaise de l’être humain – les références obligées au mal polluent le débat – que du besoin d’échapper, temporairement ou pour toujours, à l’état de domestication.

Les civils néerlandais, grâce à une chaîne de television, peuvent enregistrer des messages de vœux pour Noël et le nouvel an à l’intention de leurs amis, de leurs chéris et des membres de leur famille qui se trouvent en Afghanistan. En regardant ces photos, je n’ai pu m’empêcher de penser : voilà l’essence même de notre guerre en cette première décennie du xxie siècle. Prenez la photo des deux femmes et de la petite fille dans un studio de television, toutes les trois coiffées d’un bonnet de père Noël. Il n’y a qu’une seule conclusion possible : Afghanistan ou pas, la civilisation a triomphé.

La cage ne s’ouvrira plus jamais.
Par leo - Publié dans : Collectage
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Jeudi 19 novembre 2009 4 19 /11 /Nov /2009 08:00
De Ingo Schulze,


La disparité économique entre les deux pays était considérable. Il allait être facile de convertir au gout du luxe une population qui avait connu une économie de pénurie. On aurait dû réfléchir au moyen de lutter contre le dumping social qui allait en résulter. Un tout nouveau marché, hautement subventionné par l'Etat, voyait le jour. Le chancelier Kohl a pu l'offrir aux milieux économiques ouest-allemands, à l'abri de toute concurrence. La désindustrialisation a atteint le taux record de 70%, dans le cadre d'un plan quinquennal qui aura constitué le plus grand programme d'enrichissement des allemands de l'Ouest qui ait jamais existé... Que le patrimoine de la RDA, estimé à 600 milliards de marks par l'établissement fiduciaire en charge des privatisations se soit transformé en un déficit de 250 milliards en dit sans doute plus long sur son mode de fonctionnement que sur la valeur réelle des biens appartenant à l'Etat est-allemand.
Par leo - Publié dans : La grande histoire des cochons
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Lundi 16 novembre 2009 1 16 /11 /Nov /2009 08:00
D'après Zhou Ruijin - octobre 2009


A la faveur de la grande vague de transformation de l'économie chinoise en une économie de marché qui a submergé la Chine depuis les années 90, la collusion entre le monde de la politique et des affaires est devenu un phénomène répandu, aussi bien dans les secteurs minier, immobilier, financier que dans celui de l'énergie. Le rôle exercé par l'entreprise individuelle a été minimisé. Des entreprises publiques en situation de monopole ainsi que de nombreuses entreprises privées très puissantes jouissant de l'appui de fonctionnaires ont engrangé des profits exorbitants et ont recherché des retours sur investissement illégaux, appuyées et protégées par le parapluie des pouvoirs publics.

Les groupes d'intérêts particuliers affirment leur puissance en prenant possession des ressources naturelles et en ralliant des porte-paroles politiques et des spécialistes pour en faire les avocats de leurs pratiques. Ainsi ont-ils réussi à se forger une légitimité idéologique, au nom de la "sécurité économique nationale" ou de la "sécurité de la production". Ils jouent tantôt des "usages internationaux", tantôt des "spécificités chinoises" pour exploiter le consommateur.

L'alliance du pouvoir et du capital génère de la corruption, un capitalisme oligarchique qui permet à des groupes influents d'accaparer les fruits de la croissance économique. Depuis 1999, la croissance chinoise s'est accompagnée d'une baisse continue de la part des salaires dans le PIB.
Par leo - Publié dans : La grande histoire des cochons
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