Vendredi 24 avril 2009
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08:00
Nastasia Philippovna se leva d’un bond.
— Tu croyais donc que c’était sérieux ? répliqua-t-elle en riant ; — tu as pu penser que je perdrais l’existence de ce baby ? Mais c’est bon pour Afanase Ivanovitch Totzky de
prendre des enfants en sevrage ! Partons, Rogojine ! Aboule ton paquet ! Peu importe que tu veuilles m’épouser, donne l’argent tout de même, il n’est pas encore dit que je me
marierai avec toi. Parce que tu m’as offert le mariage, tu croyais garder tes banknotes ? Tu plaisantes ! Je suis une éhontée ! (...) Voilà comme vous êtes tous ! il faut
choisir entre la fréquentation des courtisanes et celle des honnêtes femmes ; si on pratique à la fois les unes et les autres, on doit nécessairement s’embrouiller !…
Par leo
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Vendredi 17 avril 2009
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08:00
Cependant le jour s’était tout à fait levé. Vaincu enfin par la fatigue et le désespoir, le prince se coucha pour un moment sur le coussin, et colla sa tête contre le visage pâle et
immobile de Parfène Séménitch. Des larmes, jaillissant de ses yeux, arrosèrent les joues de Rogojine ; celui-ci peut-être ne sentait pas couler ses propres larmes, et n’en avait pas
conscience… [ 395 ]Du
moins, lorsque, quelques heures après, la porte s’ouvrit, ceux qui entrèrent dans la chambre trouvèrent l’assassin complètement privé de connaissance et en proie à une fièvre ardente.
À côté de lui était assis sur le lit Léon Nikolaïévitch, immobile et silencieux. Chaque fois que le malade commençait à délirer et à pousser des cris, Mychkine, aussitôt, lui passait sa main
tremblante sur les cheveux et sur les joues pour le faire taire. Il ne comprenait rien aux questions qui lui étaient adressées, et ne reconnaissait pas les personnes qui l’entouraient. Et si
Schneider lui-même avait vu en ce moment son ancien pensionnaire, se rappelant l’état dans lequel le prince s’était parfois trouvé pendant la première année de son traitement en Suisse, le
docteur aurait maintenant encore prononcé sur lui, avec un geste de découragement, le mot qu’il disait alors : « Idiot ! »
Par leo
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Jeudi 16 avril 2009
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08:00
"A la question de savoir pourquoi il contrefaisait des titres, votre homme a répondu : "tout le monde s'enrichit par différent moyens, alors moi aussi j'ai eu envie de m'enrichir plus
vite". (...) On s'est habitué à vivre sans avoir à se soucier de rien, à être mené en laisse, à absorber du déjà mâché. Quand l'heure décisive sonne, c'est alors que chacun se révèle tel
qu'il est." (Dostoïevski, crime et chatiment, 1866)
Par leo
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Mardi 14 avril 2009
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08:00
"Ce matin tout à coup, en me levant, j'ai senti au plein coeur de l'été, comme au coeur d'un fruit la piqûre du ver dont il mourra, la présence miraculeuse de l'automne. C'était sur cette
journée, douce, chaude encore, à la merveilleuse lumière voilée (mais je ne sais quoi d'un peu atténué, d'un peu lointain : cet affinement vaporeux d'un beau visage aux approches de la
consomption), un grand flux d'air frais, régulier, salubre, emportant - l'espace soudain sensible, clair et liquide, comme une chose qu'on peut boire, qu'on peut absorber - une de ces sensations
purement spatiales, logées au creux de la poitrine, les plus enivrantes, les plus pleines de toutes, où la beauté se fait pure inspiration, qu'on mesure à un certain gonflement surnaturel de la
poitrine, comme une Victoire antique."
Julien Gracq, un beau ténébreux.
Par leo
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